La foi est-elle parfois en avance sur la science ?

  1.  On a coutume de dire que la foi et la science traitent de domaine distincts, puisque la première s’intéresse à la question « Pourquoi ? » et la seconde à la question « Comment ? ». Pourtant, la foi chrétienne est une foi incarnée qui repose sur des affirmations sur le monde réel et des faits historiques que le Magistère de l’Église déduit de la Révélation et il y a donc à partir de là des interactions importantes sur des questions fondamentales pour les croyants.
  2. Dans l’Antiquité, toutes les civilisations divinisaient les forces de la nature, et notamment les astres, le soleil. Le peuple hébreu, à partir de la Révélation, se distinguait de tous et affirmait que le soleil n’était pas un dieu mais « un lampadaire » (Gn 1,16) ; La science a confirmé cela quelques siècles plus tard.
  3. Depuis Parménide et jusqu’en 1965, l’écrasante majorité des scientifiques pensaient que la matière était éternelle. La Révélation affirmait au contraire qu’il y a eu une création à partir de rien « ex nihilo » et par conséquent la matière que nous côtoyons avait donc eu un début et qu’elle aura une fin. La science a confirmé cela en admettant finalement la théorie du « Big Bang » défendue par l’Abbé Lemaître, suite à la découverte du rayonnement fossile qui confirmait cette théorie.
  4. Depuis Aristote, certains pensaient avec l’Église que tous les être vivants avaient une âme, un principe d’organisation, qui permettait et gardait la vie, mais beaucoup le contestaient aussi et la science moderne n’a pas trouvé d’âme sous le scalpel des scientistes. Pourtant la découverte de l’ADN en 1953 puis le décryptage du génome humain en 2001 montrent que dès la constitution de la première cellule, il y a bien un programme de développement du corps qui est définitivement fixé, ce qui confirme l’existence d’un élément naturel qui peut être le support de l’âme spirituelle que l’Église a toujours affirmé en chaque être humain.
  5. Depuis toujours, la Bible affirme que le Créateur a façonné de manière prévenante l’Univers pour permettre la naissance de la vie et de l’homme mais certains savants des XIX° et XX° siècles ont pensé que le hasard pouvait tout expliquer et que la vie pouvait naître « de l’agitation de molécules dans un petit étang chaud » comme disait Darwin. La découverte de l’incroyable complexité de l’Univers et de la vie ainsi que du réglage extrêmement fin des lois et des constantes de l’Univers qui permet que la vie soit possible ont remis au gout du jour ce « Dessein Intelligent » fantastique que les savants non croyants ont de plus en plus mal à expliquer.
  6. Depuis Darwin et jusqu’en 2010, beaucoup pensaient que l’homme était un rameau parmi d’autres de l’évolution, qui était réputée provenir de différentes souches, en différents endroits du monde. L’Église affirmait au contraire depuis toujours le « monogénisme » par opposition au « polygénisme » en enseignant, à la suite de la Bible et de Saint Paul, que l’ensemble des humains descendaient d’un couple unique, Adam et Eve, même si d’autres types d’hominidés avaient pu exister sur la terre (cf. Gn 6,4 ; Nb 13,33, Sg 14,6 ; Si 16,7 ; Ba 3,26). La science a confirmé cela tout récemment, avec le projet Genographic, qui a identifié une séquence génétique commune à tous les hommes sur le chromosome Y.

 La Révélation a permis bien souvent aux croyants de tenir des vérités que la science n’a confirmé que plusieurs siècles plus tard.

 Citations :

  • ·         « Il semble actuellement que la science ne sera jamais en mesure de lever le voile sur le mystère de la création. Pour le scientifique qui a vécu avec sa foi dans le pouvoir de la raison, l’histoire se termine comme dans un cauchemar. Il a escaladé les montagnes de l’ignorance, il est sur le point de conquérir le plus haut sommet, et alors qu’il se hisse sur le dernier rocher, il est accueilli par une bande de théologiens qui sont là depuis des siècles » Robert Jastrow, God and the Astronomers, WW Norton 1992, p107.
  • ·         « Je suis stupéfait de constater à quel point l’image scientifique du monde réel autour de moi est déficiente. Elle nous fournit quantité d’informations factuelles, ordonne toutes nos expériences de manière magnifiquement cohérente, mais elle est horriblement silencieuse quant à toute cette diversité de choses qui nous tiennent effectivement à cœur et qui nous importent réellement. Elle ne peut rien nous dire à propos du rouge et du bleu, de l’amer et du sucré, de la douleur physique et du plaisir physique ; elle ne connaît rien du beau et du laid, du bon ou du mauvais, de Dieu et de l’éternité. La science prétend parfois répondre à des questions dans ces domaines, mais les réponses sont très souvent si ridicules que nous ne sommes pas enclin à les prendre au sérieux. » Erwin Schrödinger, Nature and the Greeks, 1954.
  • ·         Un honnête homme armé de tout le savoir à notre portée aujourd’hui se devrait d’affirmer que l’origine de la vie paraît actuellement tenir du miracle, tant il y a de conditions à réunir pour la mettre en œuvre. » Sir Francis Crick, découvreur de l’ADN 1953, Nobel de chimie 1962, darwinien pendant de nombreuses années